TL;DR : dans Odoo, l'outil officiel pour personnaliser ses écrans sans code (Studio) exige l'édition Enterprise, plan Custom. Notre module Forge ramène l'essentiel dans la version Community : ajouter des champs, des boutons intelligents, des valeurs par défaut et des filtres partagés, au point-et-clic, avec des garde-fous qui protègent vos données critiques.
Votre Odoo fait le travail depuis deux ans. La facturation roule, les projets avancent. Puis un matin, un collaborateur demande une chose toute simple : un champ « Numéro de dossier » sur la fiche client, pour arrêter de le noter dans les commentaires. Une demande de cinq minutes, en apparence.
La réponse officielle d'Odoo à cette demande s'appelle Studio. Et Studio vient avec une condition : l'édition Enterprise, plan Custom, à partir de 55 $ CA par utilisateur par mois en facturation annuelle. Comme Odoo facture tous les utilisateurs de la base au même plan, votre champ de cinq minutes coûte, pour une équipe de dix personnes, environ 6 600 $ par année.
Chaque. année.
Le vrai prix d'un champ qui manque
On a déjà écrit sur le choix entre Odoo Community et Enterprise : Enterprise a de vrais mérites, et pour certaines organisations c'est le bon choix. Mais quand la seule raison de migrer est « il nous manque un champ », la facture est difficile à justifier. La version Community est libre, complète pour la grande majorité des opérations d'une PME, et c'est celle qu'on déploie par défaut.
Le problème, c'est que sans Studio, ajouter un champ en Community demande un développeur : créer un petit module, le tester, le déployer, le maintenir à chaque mise à jour. C'est faisable, on le fait régulièrement, mais c'est disproportionné pour des besoins simples. Il manquait un milieu entre « payer Enterprise pour tout le monde » et « appeler un développeur pour chaque champ ».

Forge, le concept
Forge, c'est ce milieu. Un assistant dans votre Odoo Community où une personne autorisée, pas nécessairement technique, peut :
Ajouter un champ sur à peu près n'importe quelle fiche : contact, tâche, projet, produit. Texte, nombre, date, case à cocher, liste de choix, image. Vous choisissez où il apparaît : dans le formulaire, après tel champ existant ou dans tel onglet, et s'il s'affiche aussi dans les listes et les tableaux kanban.
Afficher une information liée sans la ressaisir : par exemple, montrer le pays du client directement sur ses tâches. Le champ se remplit automatiquement à partir de la fiche d'origine.
Rendre un champ conditionnel : visible seulement dans certains cas, obligatoire à partir d'une étape, en lecture seule une fois le dossier fermé.
Ajouter un bouton intelligent qui compte les enregistrements liés, « 3 factures », « 7 tâches », et ouvre la liste d'un clic.
Définir des valeurs par défaut et des filtres partagés pour toute l'équipe, sans que chacun se bricole ses propres vues.
Et le détail qui compte pour la suite : vos personnalisations survivent aux mises à jour d'Odoo. Le module garde sa propre liste de ce que vous avez créé et le restaure automatiquement si une mise à jour le fait disparaître. Un champ ajouté en 2026 sera encore là en 2028.
Pourquoi on l'a fait prudent
Un outil qui modifie votre système sans code, c'est aussi un outil avec lequel on peut se faire mal. On a donc mis des garde-fous, et on les assume :
Les modèles critiques sont verrouillés par défaut. Personne ne va « personnaliser » la comptabilité, les utilisateurs ou les paiements un vendredi après-midi. Le droit d'utiliser Forge est un droit d'accès distinct, qu'on accorde à une ou deux personnes de confiance, pas à toute l'équipe. Et le module ne permet pas d'écrire du code arbitraire : les conditions s'expriment dans un langage simple et contrôlé, ce qui ferme la porte aux dégâts involontaires comme aux malveillants.
C'est une différence de philosophie avec certains outils no-code qui donnent tous les pouvoirs tout de suite. On préfère un outil qui couvre 80 % des besoins sans jamais vous laisser scier la branche sur laquelle votre entreprise est assise.
Les angles morts
Forge ne remplace pas Studio à 100 %, et ce n'est pas tant l'objectif (pour le moment...). Il ne crée pas de nouvelles tables complètes (« je veux gérer mes équipements avec leurs propres écrans », c'est un petit module sur mesure). Il ne refait pas la mise en page complète d'un écran, ne dessine pas de rapports PDF personnalisés et n'automatise pas de logique d'affaires complexe. Studio, sur Enterprise, fait une partie de ces choses, et un développeur fait le reste.
Notre recommandation, dans l'ordre :
- Vérifier si un champ standard d'Odoo fait déjà le travail : il y en a plus qu'on pense.
- Forge pour les champs, boutons et filtres sur mesure du quotidien.
- Un petit module dédié quand il y a de la vraie logique d'affaires : c'est plus robuste et testable.
Chez Blue Fox
Forge tourne sur nos instances et chez nos clients hébergés, avec les verrous activés. Comme le reste de nos modules, il est publié sous licence libre sur GitHub : vous pouvez l'inspecter, l'installer vous-même, ou nous laisser le faire proprement.
Si votre équipe vit avec des « champs qui manquent » depuis des mois, ou si une soumission Enterprise vous est arrivée juste pour ça, parlons de votre Odoo.
Sources
- Tarifs Odoo et comparatif des éditions : Studio est réservé à Enterprise, plan Custom (consulté en juin 2026)
- Licences Odoo : Community est sous licence libre LGPL v3
- Le module
bf_studio_lightsur notre dépôt GitHub et sa fiche sur notre page modules