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Nextcloud pour les PME : GED, agenda et collaboration sous votre contrôle

Comment reprendre le contrôle de vos fichiers, calendriers et données avec une plateforme libre hébergée au Québec
TL;DR : Nextcloud, c'est votre Google Drive / Dropbox, mais hébergé chez vous (ou chez un hébergeur québécois). GED, calendriers, contacts, co-édition de documents : tout est regroupé dans une seule plateforme libre. Vos données restent au Québec, vous pouvez ainsi faire le nécessaire pour la conformité à la Loi 25 sans vous casser la tête, et vous n'avez plus besoin de cinq abonnements SaaS différents. On vous explique comment ça marche en vrai, ce que ça change au quotidien, et ce que ça fait moins bien.


La plupart des PME et OBNL au Québec ont leurs fichiers un peu partout. Un Google Drive ici, un Dropbox là, des pièces jointes de 25 Mo qui rebondissent par courriel, un calendrier Outlook qui ne se synchronise pas avec le téléphone du directeur. Et depuis septembre 2024, la Loi 25 est pleinement en vigueur : vous êtes responsable de savoir où sont vos données personnelles, qui y a accès, et de pouvoir répondre à une demande d'accès ou de suppression.

Nextcloud, c'est une réponse concrète à tout ça. Pas la seule, certes, mais une qui a du sens quand on veut garder le contrôle.


C'est quoi Nextcloud, concrètement?

Nextcloud est une plateforme libre et auto-hébergée qui regroupe trois grandes fonctions :

1. La gestion documentaire (GED) : stockage de fichiers, partage sécurisé, versionnage automatique, recherche par tags. Pensez Google Drive, mais sur un serveur que vous contrôlez.

2. Le PIM (agenda, contacts, tâches) : calendriers partagés, carnets d'adresses, listes de tâches. Le tout synchronisé sur tous vos appareils via les standards CalDAV et CardDAV.

3. La collaboration : co-édition de documents en temps réel (avec OnlyOffice ou Collabora), partage de fichiers avec mot de passe et date d'expiration, flux d'activité, notifications.

Tout ça dans une seule interface web, avec des applications mobiles et un client de synchronisation pour le bureau. Pas besoin de jongler entre cinq outils différents.


Vos documents, vos règles

Le nerf de la guerre pour une PME, c'est souvent la gestion des fichiers. Qui a accès à quoi? Où est la dernière version du contrat? Pourquoi Marie a partagé le budget avec un lien public sans mot de passe 😰 ?

Nextcloud permet de structurer tout ça proprement. On crée des groupes (par équipe, par projet), on définit des droits d'accès, et on impose des règles de partage. Par exemple : les fichiers marqués « confidentiel » ne peuvent pas être partagés à l'externe. Les documents temporaires sont purgés automatiquement après 30 jours. L'historique des versions est conservé, donc si quelqu'un écrase un fichier par erreur, on récupère l'ancienne version en deux clics.

Pour la Loi 25, c'est un avantage majeur : vos fichiers sont sur un serveur au Québec, vous savez exactement où sont les données personnelles, et les journaux d'accès sont activés. Si quelqu'un vous demande « qui a consulté mon dossier? », vous avez la réponse.


Agenda et contacts qui suivent partout

Un irritant classique en PME : le calendrier partagé qui ne fonctionne qu'au bureau, ou les contacts clients éparpillés entre les téléphones de trois personnes.

Nextcloud utilise CalDAV et CardDAV, des protocoles standards supportés nativement par iOS, macOS, Android (via DAVx5) et Thunderbird. Concrètement, ça veut dire que votre agenda Nextcloud apparaît directement dans l'app Calendrier de votre téléphone. Vous ajoutez un rendez-vous sur le web, il apparaît sur votre mobile. Votre collègue modifie un contact, tout le monde voit la mise à jour.

Pas de connecteur propriétaire à installer, pas d'abonnement supplémentaire. Ça fonctionne parce que c'est basé sur des standards ouverts.


Travailler ensemble, pour vrai

La co-édition de documents, c'est ce qui fait souvent basculer les équipes. Avec OnlyOffice ou Collabora intégré à Nextcloud, plusieurs personnes peuvent travailler sur le même document Word, Excel ou PowerPoint directement dans le navigateur. Plus besoin d'envoyer « rapport_v3_final_VRAI_final.docx » par courriel.

Le partage de fichiers est flexible : on peut partager avec des gens à l'interne ou à l'externe, protéger un lien par mot de passe, fixer une date d'expiration, interdire le téléchargement. L'administrateur peut imposer des règles globales pour éviter les dérapages.

Et tout est tracé : le fil d'activité montre qui a modifié quoi, quand, et les notifications vous alertent quand quelqu'un partage un fichier avec vous ou commente un document.


Sécurité et Loi 25

On ne va pas se mentir : la sécurité, c'est souvent le parent pauvre des PME. Pas par mauvaise volonté, mais par manque de temps et de ressources. Nextcloud aide à mettre en place les bases sans que ça devienne un projet pharaonique.

Authentification forte : Nextcloud supporte la double authentification (TOTP, clés FIDO2, WebAuthn). On active ça pour tout le monde, et le risque de compromission de compte diminue drastiquement.

Chiffrement : les communications sont chiffrées en transit (HTTPS), et on peut activer le chiffrement côté serveur pour les données au repos. Pour les dossiers vraiment sensibles, il y a le chiffrement de bout en bout : même l'administrateur du serveur ne peut pas lire les fichiers.

Journaux d'audit : toutes les connexions et actions sensibles sont consignées. En cas d'incident ou de demande d'accès en vertu de la Loi 25, vous avez les traces nécessaires.

Contrôle d'accès avancé : des règles automatisées peuvent empêcher le partage externe de certains fichiers, ou convertir automatiquement les documents confidentiels en PDF avant partage.

L'hébergement au Québec élimine la question du transfert de données hors juridiction. Vos données restent ici, point.


Le vrai défi : faire adopter l'outil

Le plus exigeant dans un projet Nextcloud, ce n'est pas la technique. C'est convaincre l'équipe de changer ses habitudes.

Les gens sont attachés à leurs outils, même quand ces outils sont imparfaits. « Mon Google Drive marche bien » est une phrase qu'on entend souvent, même quand les fichiers sont en désordre et que personne ne sait qui a accès à quoi.

Ce qui fonctionne en pratique :

Commencer petit. On choisit un projet ou une équipe motivée, on déploie Nextcloud pour eux, et on laisse les résultats parler. Quand les autres voient que l'équipe pilote partage des fichiers sans problème et que le calendrier se synchronise sur le téléphone, la demande vient d'elle-même.

Montrer les gains concrets. « Fini les pièces jointes de 25 Mo par courriel. » « Ton agenda se synchronise automatiquement sur ton téléphone. » « Tu peux modifier le rapport en même temps que ta collègue. » C'est ça qui convainc les gens, pas un discours sur la souveraineté numérique.

Former courte et pratique. Des ateliers d'une heure maximum, pas des présentations PowerPoint de trois heures. Montrer les trois ou quatre actions que les gens vont utiliser tous les jours. Publier des guides simples avec des captures d'écran.

Avoir des ambassadeurs. Identifier une ou deux personnes par équipe qui sont à l'aise avec la technologie et qui peuvent aider leurs collègues au quotidien. C'est beaucoup plus efficace qu'un support technique centralisé.


Ce que Nextcloud fait moins bien

Aucun outil n'est parfait, et on préfère le dire d'avance plutôt que vous le laisser découvrir :

L'interface n'est pas aussi léchée que Google Workspace. Nextcloud s'est beaucoup amélioré, mais l'expérience utilisateur reste en retrait par rapport aux gros joueurs. C'est fonctionnel, pas toujours élégant.

La co-édition a ses limites. OnlyOffice et Collabora fonctionnent bien, mais la compatibilité avec les fichiers Microsoft Office complexes (macros, mises en page avancées) n'est pas toujours parfaite. Pour des documents simples, c'est très correct. Pour des fichiers Excel avec 14 onglets de macros, il faudra peut-être garder Office à côté.

Ça demande de la maintenance. Contrairement à un SaaS où tout est géré pour vous, Nextcloud auto-hébergé nécessite quelqu'un pour gérer les mises à jour, les sauvegardes et la sécurité. C'est le prix du contrôle. Soit vous avez les compétences à l'interne, soit vous travaillez avec un partenaire qui s'en occupe.

La recherche de fichiers est correcte, sans plus. Google a mis des milliards dans son moteur de recherche. Nextcloud fait le travail, mais ne vous attendez pas à la même magie pour retrouver un fichier dont vous vous souvenez vaguement du nom.

Les applications mobiles sont fonctionnelles mais basiques. Elles permettent de consulter ses fichiers, synchroniser ses photos et accéder au calendrier. Mais l'expérience n'égale pas celle des apps Google ou Microsoft.


Notre approche

Chez Blue Fox, on recommande Nextcloud Community (la version 100 % libre) par défaut. C'est notre approche : du logiciel libre, hébergé au Québec, sous votre contrôle. Pas de licence par utilisateur, pas de données qui traversent la frontière, et un accès complet au code source.

On reconnaît que la version Enterprise a des avantages réels (support officiel, certaines applications exclusives, clustering avancé). Pour une organisation de 500+ personnes avec des exigences de haute disponibilité, ça peut valoir le coup. Mais pour la vaste majorité des PME et OBNL québécoises, la version Community fait amplement le travail.

On s'occupe du déploiement, de l'hébergement souverain, de la configuration de la sécurité (Loi 25 incluse), et de l'accompagnement au changement. Parce que mettre en place l'outil, c'est la moitié du travail. Faire en sorte que votre équipe l'adopte pour vrai, c'est l'autre moitié.


Par où commencer?

Si l'idée vous intéresse, voici un ordre logique :

Mois 1-2 : on fait le portrait de votre situation actuelle (quels outils, quels irritants, quelles données sensibles) et on prépare un environnement de test.

Mois 3 : on déploie un pilote avec une équipe motivée. Partage de fichiers, calendrier synchronisé, peut-être la co-édition. On recueille les commentaires et on ajuste.

Mois 4-6 : on généralise progressivement, avec des formations courtes pour chaque équipe. On met en place les règles de gouvernance documentaire et les automatisations.

Après 6 mois : on mesure l'adoption, on ajuste ce qui accroche, et on optimise. Le comité de gouvernance (même informel) se réunit pour s'assurer que les règles sont suivies.

Ça vous parle? On jase de votre situation.


Sources

Zero knowledge, zero worry: sharing sensitive data without handing it to the cloud