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Peer-to-Peer File Synchronization: Syncthing, Resilio Sync and Alternatives

  • Synchronisation de fichiers en P2P : Syncthing, Resilio Sync et autres alternatives en entreprise

TL;DR

En bref

  • Le P2P synchronise des dossiers directement entre appareils, sans serveur central. RĂ©sultat: plus de contrĂ´le, meilleures vitesses en LAN et moins de dĂ©pendance au cloud.
  • Deux acteurs pertinents pour un usage pro et perso: Syncthing (libre, gratuit) et Resilio Sync (propriĂ©taire, version Pro payante).

Syncthing

  • Libre, auditable, sans frais. Très bon pour la souverainetĂ© et la confidentialitĂ©.
  • Chiffrement de bout en bout, appairage strict par appareils, serveurs de dĂ©couverte et relais remplaçables par vos propres services.
  • Solide en performance et en fiabilitĂ©, versionnage intĂ©grĂ©, modes envoi seulement et rĂ©ception seulement.
  • Points faibles: pas de synchro sĂ©lective native, Ă©cosystème iOS limitĂ©, exige un peu plus de mise en place.

Resilio Sync

  • PropriĂ©taire, très simple Ă  dĂ©ployer et Ă  utiliser. Apps natives partout, incluant iOS.
  • Atout majeur: synchronisation sĂ©lective avec placeholders. IdĂ©al quand l’espace disque est contraint.
  • Très rapide, particulièrement sur gros fichiers et multi-sources. Options pro utiles: planification, droits fins, dossier chiffrĂ© cĂ´tĂ© pair.
  • Points faibles: licences Ă  prĂ©voir, code fermĂ©, dĂ©pendance Ă  l’éditeur.

Quand choisir quoi

  • PrioritĂ© souverainetĂ©, maĂ®trise, zĂ©ro coĂ»t: Syncthing.
  • PrioritĂ© simplicitĂ©, mobile iOS, synchro Ă  la demande: Resilio Sync.
  • Volumes massifs et multi-sites: les deux conviennent. Resilio garde un lĂ©ger avantage en vitesse brute sur certaines configs, Syncthing brille en LAN et en dĂ©centralisation pure.

Bonnes pratiques en entreprise

  • PrĂ©voir au moins un nĹ“ud toujours allumĂ© par site pour assurer la disponibilitĂ©.
  • Activer le versionnage cĂ´tĂ© clients ou un dossier rĂ©ception seulement pour Ă©viter les pertes par suppression.
  • Chiffrer les disques au repos si les postes contiennent des donnĂ©es sensibles.
  • Segmenter par dossiers de projet pour limiter la volumĂ©trie synchronisĂ©e.
  • Documenter l’onboarding utilisateur et l’appairage pour rĂ©duire la friction.

Message clé

  • Le P2P moderne offre un Dropbox sans cloud. Syncthing maximise l’autonomie et la conformitĂ© souveraine. Resilio maximise l’ergonomie et la flexibilitĂ© utilisateur. Choisissez selon vos prioritĂ©s et votre maturitĂ© IT.

Introduction : le partage de fichiers évolue

Dans les entreprises modernes, la partage et la synchronisation de fichiers sont des besoins quotidiens. Beaucoup de professionnels utilisent des services cloud (infonuagiques) comme Dropbox, OneDrive ou Google Drive pour travailler à plusieurs et accéder à leurs documents partout. Cependant, ces solutions centralisées soulèvent des questions de sécurité, de confidentialité et de souveraineté des données – en particulier au Québec, où la protection des informations sensibles et l’indépendance technologique sont des préoccupations croissantes. C’est ici qu’interviennent les solutions de synchronisation en pair-à-pair (P2P), qui permettent d’échanger des fichiers directement entre appareils sans passer par un serveur tiers.

Dans cet article, nous allons expliquer le fonctionnement du partage de fichiers en P2P, puis examiner en détail deux outils phares de la synchronisation poste-à-poste : Syncthing (logiciel libre) et Resilio Sync (logiciel propriétaire, ex-BitTorrent Sync). Nous les comparerons à d’autres alternatives P2P, en contrastant les approches libres vs propriétaires. Nous explorerons ensuite les enjeux de sécurité, de performance, de souveraineté numérique et de confidentialité, avant de présenter des exemples concrets d’utilisation en milieu professionnel (PME, agences, multi-sites, etc.). Enfin, nous conclurons avec des recommandations selon différents cas d’usage : mobilité, sécurité, autonomie, etc. Notre objectif est d’adopter un ton pédagogique et accessible, pour un lectorat professionnel non technique souhaitant reprendre le contrôle de ses données sans complexité inutile.

Comment fonctionne le partage de fichiers en P2P ?

P2P (pair-à-pair) désigne un mode d’échange où chaque participant au réseau est à la fois client et serveur. Concrètement, dans un partage de fichiers P2P, les ordinateurs communiquent directement entre eux sur Internet, sans serveur central intermédiaire. Chaque utilisateur peut simultanément envoyer et recevoir des données d’un autre, formant ainsi un réseau de « pairs » interconnectés.

L’avantage technique clé du P2P par rapport à un système centralisé est qu’un fichier très demandé est partagé plus rapidement : plus il y a de pairs possédant tout ou partie du fichier, plus le téléchargement est rapide grâce à toutes ces sources combinées (principe du swarming ou « téléchargement par essaim »)fr.wikipedia.org. À l’inverse, dans un modèle centralisé, un serveur unique peut devenir un goulot d’étranglement s’il doit servir trop de clients en même tempsfr.wikipedia.org. Le P2P répartit la charge entre les participants du réseau.

Historiquement, le grand public a découvert le P2P avec le partage de musique et de films (Napster, KaZaA, BitTorrent, etc.), souvent dans des contextes de téléchargement illégal. Cependant, la même technologie P2P peut être employée légalement en entreprise pour synchroniser des fichiers de travail entre collaborateurs. Par exemple, de nombreuses distributions Linux utilisent BitTorrent (P2P) pour diffuser leurs ISO plus efficacementfr.wikipedia.org. En usage professionnel, un réseau P2P privé permet de synchroniser en temps réel les documents entre plusieurs ordinateurs d’une équipe, sans passer par le cloud ni exposer ses données à un prestataire externe.

En résumé, le P2P crée un nuage local distribué : chaque appareil relié partage les fichiers avec les autres. Cela offre une indépendance vis-à-vis des serveurs centraux, ainsi qu’une résilience accrue (pas de panne générale si un serveur tombe, chaque nœud restant autonome). Voyons maintenant comment cette approche est mise en œuvre concrètement par Syncthing et Resilio Sync.

Syncthing : la synchronisation libre et décentralisée

Syncthing est un logiciel libre (open source, licence MPL 2.0) de synchronisation de fichiers en continu. Lancé en 2013 par Jakob Borg, il a été conçu dès le départ comme une alternative ouverte à BitTorrent Sync (l’ancien nom de Resilio Sync). Syncthing permet de synchroniser des dossiers entre plusieurs machines via une connexion P2P sécuriséedoc.ubuntu-fr.org. Il fonctionne sur une multitude de plateformes : Windows, macOS, Linux, BSD, Android, etc., et même sur des NAS. En d’autres termes, Syncthing vous aide à construire votre propre nuage personnel, sans abonnement et sans dépendre d’un fournisseur externe.

Fonctionnement et caractéristiques

Chaque appareil sur lequel Syncthing est installé agit comme un nœud du réseau P2P. Lors de la première utilisation, Syncthing génère une identité unique (un ID) et des clés de chiffrement. Pour synchroniser deux appareils, il faut les appairer en échangeant leurs IDs et en autorisant la connexion mutuellement – une étape de configuration qui assure que seules les machines approuvées participent au partageclubic.com. Une fois connectés, les nœuds détectent les modifications de fichiers (ajouts, modifications, suppressions) et les répliquent immédiatement aux autres appareils du cluster.

Syncthing adopte une architecture entièrement décentralisée : il n’y a aucun serveur central où transiteraient ou se stockeraient vos donnéesclubic.com. À la place, les appareils trouvent leur route les uns vers les autres soit par découverte locale sur le réseau LAN, soit via des serveurs de découverte publics (fournis par le projet Syncthing) qui aident les nœuds distants à se repérer sur Interneten.wikipedia.org. En cas d’appareils derrière des pare-feu/NAT, Syncthing peut utiliser des serveurs relais (également fournis par la communauté) pour relayer les données chiffréesen.wikipedia.org. Notons que ces serveurs de découverte et relais ne stockent pas de fichiers : ils se contentent de faciliter la connexion, les échanges restant chiffrés de bout en bouten.wikipedia.org. Il est même possible pour une organisation de déployer ses propres serveurs de découverte et de relais si elle veut une indépendance totaleen.wikipedia.orgen.wikipedia.org. En somme, on peut utiliser Syncthing sans aucune connexion aux serveurs de la communauté, pour un fonctionnement en système complètement fermé si désiréen.wikipedia.org.

Sur chaque nœud, Syncthing offre une interface Web d’administration simple qui permet de voir l’état de la synchronisation, d’ajouter des dossiers ou des pairs, et de configurer les options. Les transferts de données utilisent un protocole de synchronisation maison (Block Exchange Protocol) optimisé pour être efficace en bande passanteclubic.comen.wikipedia.org. Par exemple, Syncthing compresse les métadonnées et les données transféréesen.wikipedia.org, et découpe les fichiers en blocs afin de ne transférer que les portions modifiées. S’il détecte qu’un bloc de données n’a pas changé et existe déjà à destination, il le réutilise sans le renvoyeren.wikipedia.org, ce qui accélère grandement la synchro. De plus, lorsqu’un fichier est renommé ou déplacé, Syncthing est capable de le reconnaître et d’éviter une recopie complète, ajustant simplement l’emplacementen.wikipedia.org. Grâce à ces mécanismes, la synchronisation est très rapide et incrémentale, même sur de gros volumes.

En cas de modification concurrente d’un même fichier sur deux appareils, Syncthing gère les conflits en préservant les deux versions : la version la plus ancienne est renommée avec un suffixe "sync-conflict" et horodatée, afin que l’utilisateur puisse la comparer et choisiren.wikipedia.org. Par ailleurs, Syncthing offre des fonctions de versionnage (archivage) des fichiers supprimés ou modifiés : on peut activer une "corbeille" locale (Trash Can) ou un versionnage chronologique (staggered), conservant pendant un certain temps les anciennes versions pour restauration si besoinen.wikipedia.org. Ceci est très utile pour une entreprise, car la synchronisation n’est pas une sauvegarde en soi : sans versionnage, une suppression accidentelle sur un appareil se répercuterait sur tous les autres. Avec le versionnage activé, on garde une copie de secours des fichiers supprimés, améliorant la sécurité des données.

Syncthing permet également de définir un dossier en mode « envoi seulement » (send-only) ou « réception seulement » (receive-only)en.wikipedia.org. Par exemple, un dossier envoi-seulement ne prendra pas en compte les modifications provenant des autres (utile pour un dossier maître qui distribue des documents sans jamais être altéré par les clients), tandis qu’un dossier réception-seulement peut servir de backup (il reçoit toutes les mises à jour sans jamais renvoyer de modification, évitant de propager une suppression faite localement par erreur). Cette flexibilité permet d’adapter la synchronisation aux besoins métiers (partage bidirectionnel, distribution unidirectionnelle, sauvegarde, etc.).

Avantages de Syncthing

  • Open source et transparent : Syncthing Ă©tant gratuit et ouvert, son code source peut ĂŞtre auditĂ© par quiconque. Cela apporte une assurance de sĂ©curitĂ© : on peut vĂ©rifier qu’aucune porte dĂ©robĂ©e n’est prĂ©sente et que la vie privĂ©e est respectĂ©eclubic.com. Comme le dit un article, Syncthing pousse la philosophie zĂ©ro serveur central jusqu’au bout en Ă©tant entièrement libre, ce qui inspire confiance dans un contexte oĂą l’on craint les logiciels fermĂ©sclubic.com. De plus, la communautĂ© open source est active : la documentation est riche et rĂ©gulièrement enrichie par les utilisateursclubic.com, et les dĂ©veloppeurs sont prĂ©sents sur les forums d’entraideforum.resilio.com. Pour une entreprise, cela signifie qu’on peut trouver du support communautaire facilement et mĂŞme adapter l’outil Ă  ses besoins si nĂ©cessaire (grâce aux API REST et aux nombreux utilitaires tiers disponiblesen.wikipedia.org).
  • ContrĂ´le total des donnĂ©es : Avec Syncthing, vos fichiers restent stockĂ©s uniquement sur vos appareils. Il n’y a pas de serveur cloud externe oĂą seraient copiĂ©es vos donnĂ©es. Cela rĂ©duit grandement la surface d’attaque et les risques de fuite : pas de prestataire tiers pouvant accĂ©der ou transmettre vos fichiers. Les Ă©changes rĂ©seau entre pairs sont chiffrĂ©s de bout en bout via TLS (comme HTTPS)clubic.com, assurant la confidentialitĂ© en transit. MĂŞme si Syncthing utilise des relais ou transite sur Internet, les donnĂ©es sont illisibles pour quiconque intercepterait le trafic (y compris les serveurs relais, qui ne voient qu’un flux chiffréen.wikipedia.org). L’authentification mutuelle des appareils (Ă©change d’ID) Ă©vite aussi qu’un inconnu se connecte Ă  votre dossier par hasard. En somme, Syncthing offre un niveau de sĂ©curitĂ© et de confidentialitĂ© adaptĂ© aux fichiers sensibles d’une entreprise (projets en R&D, donnĂ©es client, etc.), sans faire confiance Ă  un tiers. Pour les organisations soucieuses de souverainetĂ© numĂ©rique, c’est un atout majeur : on Ă©vite de dĂ©pendre d’infrastructures Ă©trangères ou de code propriĂ©taire obscurreddit.com.
  • Gratuit et sans limitation de taille : Syncthing est entièrement gratuit, sans version Pro payante. Il n’impose aucune limite de taille ou de nombre de fichiers synchronisĂ©s. Que vous ayez quelques documents bureautiques ou des tĂ©raoctets de vidĂ©os, Syncthing synchronise tout, la seule contrainte Ă©tant la capacitĂ© de stockage de vos machines et leur connectivitĂ©. Cette absence de barrière financière est apprĂ©ciable pour les PME et travailleurs autonomes qui peuvent dĂ©ployer Syncthing Ă  moindre coĂ»t plutĂ´t que de payer des abonnements cloud onĂ©reux, ou pour des organismes publics cherchant Ă  utiliser davantage de logiciels libres.
  • Performances optimisĂ©es : MalgrĂ© sa lĂ©gèretĂ© (Ă©crit en Go, il consomme peu de ressources), Syncthing est conçu pour bien performer mĂŞme sur de gros volumes. Son protocole transfère uniquement les diffĂ©rences, compressĂ©es, et peut tirer parti du rĂ©seau local pour synchroniser Ă  pleine vitesse entre postes d’un mĂŞme bureau. Sur Internet, il utilise des techniques comme le NAT punching et le protocole QUIC (UDP) pour amĂ©liorer les dĂ©bits et rĂ©duire la latence. De nombreux utilisateurs rapportent que la synchronisation est quasi instantanĂ©e pour les petites modifications, et que les gros transferts saturent leur bande passante disponible de façon efficace. En comparaison avec un envoi vers un serveur distant et un re-tĂ©lĂ©chargement, le P2P peut faire gagner du temps, surtout dans un contexte multi-sites (nous y reviendrons dans la section Performance).
  • FonctionnalitĂ©s utiles en entreprise : Outre celles dĂ©jĂ  Ă©voquĂ©es (versioning, dossiers unidirectionnels), signalons la flexibilitĂ© multiplateforme (on peut synchroniser un PC Windows au bureau avec un Mac Ă  la maison et un serveur Linux en cloud privĂ©, par exemple). Syncthing tourne aussi sur Android, ce qui permet par exemple de sauvegarder automatiquement les photos d’un tĂ©lĂ©phone professionnel vers son PC de travail sans passer par Google Photos. (Sur iOS, il n’existe pas d’application officielle Syncthing Ă  cause des restrictions d’Apple qui empĂŞchent une appli de tourner en arrière-plan en continu. Cependant, des applis tierces comme Möbius Sync existent, offrant une intĂ©gration partielle de Syncthing sur iPhone/iPad.)

Par ailleurs, Syncthing évolue constamment : en 2023, il est passé en version 2.0 avec des améliorations de performance, et sa communauté ajoute régulièrement des traductions (il est disponible en français et plus de 60 langues), des correctifs et de nouvelles idées. Cette vitalité du projet rassure quant à sa pérennité.

Limites et points d’attention

  • Configuration et interface : Syncthing vise la simplicitĂ©, mais demeure un outil technique Ă  configurer. L’interface Web, bien que claire, peut dĂ©router les nĂ©ophytes avec ses notions d’IDs d’appareil, de dossiers partagĂ©s, d’adresses de relais, etc. ComparĂ© Ă  un Dropbox oĂą il suffit de « se connecter » avec un compte, Syncthing demande un petit effort initial pour appareiller les dispositifs. Un utilisateur non-technicien aura peut-ĂŞtre besoin d’aide au dĂ©part. Cela dit, une fois mis en place, le système est relativement autonome et fiable. L’administration de Syncthing (ajouter un nouvel appareil, gĂ©rer les conflits, etc.) demande aussi un minimum de comprĂ©hension. En entreprise, cela signifie qu’un technicien ou administrateur devra sans doute configurer l’outil pour les employĂ©s, du moins initialement. Ă€ l’usage quotidien toutefois, Syncthing peut ĂŞtre rendu quasi invisible (il tourne en arrière-plan et synchronise sans intervention de l’utilisateur).
  • Pas de synchronisation sĂ©lective : Actuellement, Syncthing synchronise toujours l’intĂ©gralitĂ© des dossiers partagĂ©s sur chaque machine participante. Il n’y a pas de fonction de placeholder (fichiers virtuels) pour tĂ©lĂ©charger Ă  la demande seulement certains fichiers. Cela peut poser problème sur des appareils Ă  faible capacitĂ© (ex: ordinateur portable avec SSD limitĂ©) si le dossier partagĂ© est très volumineux. Des contournements existent – par exemple, on peut dĂ©finir des motifs d’ignoration de fichiers (ignore patterns) pour exclure certains sous-dossiers sur une machine spĂ©cifique – mais cela reste manuel et moins pratique qu’une case Ă  cocher « Ne synchroniser ce fichier que sur demande ». Ă€ noter que du cĂ´tĂ© de la communautĂ© Syncthing, des efforts sont en cours pour apporter une forme de sync sĂ©lectif via des clients tierces (l’appli iOS Mobius propose par exemple la synchronisation uniquement de certains fichiers). NĂ©anmoins, pour le moment, sur Syncthing chaque pair doit avoir l’espace pour stocker l’ensemble des donnĂ©es partagĂ©es. En contexte d’entreprise, si un employĂ© n’a besoin que d’une partie d’un gros projet, on devra soit crĂ©er des dossiers partagĂ©s plus granulaires, soit utiliser une autre solution pour Ă©viter de tout dupliquer.
  • Pas de support commercial officiel : Syncthing Ă©tant communautaire, il n’y a pas de hotline ou de contrat de support Ă©diteur en cas de problème. La documentation et les forums sont les ressources principales. Pour la plupart des PME, ceci est acceptable (d’autant que la communautĂ© est rĂ©active). Mais pour de grandes entreprises ou administrations qui exigent un support 24/7 et un interlocuteur dĂ©diĂ©, ce modèle peut sembler risquĂ©. Il est toujours possible de faire appel Ă  des prestataires tiers (ESN) spĂ©cialisĂ©s en open source pour accompagner un dĂ©ploiement Syncthing, mais ce n’est pas fourni clef en main par l’éditeur du logiciel (puisqu’il n’y en a pas Ă  proprement parler).
  • DĂ©pendance Ă  l’activitĂ© des pairs : Par dĂ©finition, dans un rĂ©seau P2P privĂ©, pour que les fichiers se synchronisent, au moins un autre appareil doit ĂŞtre allumĂ© et accessible. Si vous n’avez que deux postes (ex: PC bureau et PC maison) et qu’ils ne sont jamais allumĂ©s en mĂŞme temps, la synchronisation ne pourra pas s’effectuer jusqu’à ce qu’ils soient connectĂ©s simultanĂ©ment Ă  un moment. De mĂŞme, si tous les appareils d’un dossier partagĂ© sont Ă©teints, il n’y a pas de copie « centrale » disponible en permanence. La parade consiste souvent Ă  avoir un des nĹ“uds qui sert de serveur toujours en ligne (par exemple un NAS ou un petit serveur dans le cloud ou au bureau). Ainsi, mĂŞme si les PC des utilisateurs sont Ă©teints, ce nĹ“ud central assure la disponibilitĂ© des donnĂ©es et prend les changements dès qu’un client se connecte. En pratique, beaucoup d’entreprises utilisant Syncthing dĂ©finissent un appareil principal par site (NAS local) faisant office de relais persistant. Cela fonctionne très bien, mais il faut y penser dans l’architecture : Syncthing n’est pas un service cloud hĂ©bergĂ© par un tiers, c’est Ă  vous de prĂ©voir l’infrastructure nĂ©cessaire pour que la synchro soit continue (par exemple, garder un PC toujours allumĂ© pour faire le « pont »).
  • Écosystème mobile limitĂ© : Comme mentionnĂ© plus haut, sur iOS l’usage de Syncthing est possible via des applications non officielles, mais avec des contraintes (synchronisation uniquement en foreground, pas d’intĂ©gration profonde au système de fichiers comme une app native Apple le ferait). Sur Android, l’application Syncthing officielle fonctionne bien, mais certaines limitations d’Android peuvent affecter la fiabilitĂ© en arrière-plan selon les fabricants (il faut souvent exclure l’appli des optimisations batterie, etc.). En comparaison, des solutions comme Resilio ou des clouds propriĂ©taires ont souvent des apps mobiles mieux intĂ©grĂ©es (synchronisation en arrière-plan, upload automatique de photos, etc.). Si la mobilitĂ© smartphone est un critère crucial, Syncthing n’offre pas (encore) une expĂ©rience aussi fluide qu’un Dropbox ou que Resilio.

Malgré ces quelques limites, Syncthing s’avère une solution puissante et mature pour qui souhaite un outil de synchronisation autonome, sécurisé et gratuit. Dans la section suivante, nous verrons comment se positionne Resilio Sync, son principal concurrent propriétaire, qui propose une approche similaire mais avec ses propres avantages et inconvénients.

Resilio Sync : l’héritier propriétaire de BitTorrent Sync

Resilio Sync est la solution de synchronisation P2P développée par la société Resilio Inc. (fondée par d’anciens responsables du protocole BitTorrent). Historiquement lancé en 2013 sous le nom BitTorrent Sync (BTSync), le produit a ensuite été renommé Resilio Sync en 2016 lorsque la société a pris son indépendance de BitTorrent. Contrairement à Syncthing, Resilio Sync est un logiciel propriétaire : son code source n’est pas public, et il fonctionne sur un modèle freemium avec des licences payantes pour accéder à toutes les fonctionnalités. Néanmoins, la version gratuite de Resilio Sync est déjà utilisable sans limite de temps, avec certaines restrictions (nombre d’appareils ou de dossiers connectés, par exemple).

Fonctionnement et spécificités

Sur le principe général, Resilio Sync ressemble beaucoup à Syncthing : il s’agit aussi d’une synchronisation de fichiers de pair-à-pair, sans serveur central. Les appareils exécutant Resilio Sync échangent directement les données via Internet ou en local, en exploitant le protocole BitTorrent sous-jacent. En effet, Resilio Sync capitalise sur l’expertise de BitTorrent : il utilise une variante du protocole torrent pour découper les fichiers en segments et les transférer efficacement. Ainsi, un dossier partagé via Resilio Sync peut tirer profit du swarming : si plusieurs pairs détiennent le même fichier, un nouveau pair peut télécharger différentes portions depuis chacun, accélérant la synchronisation (ce comportement se voit surtout lorsqu’on a plus de 2 appareils dans un cluster). De plus, Resilio utilise UDP et d’autres optimisations réseau issues de BitTorrent, ce qui le rend très performant sur les transferts.

L’appairage des dispositifs dans Resilio Sync se fait différemment de Syncthing : au lieu d’échanger des identifiants d’appareils, on partage un « lien de synchronisation » ou une clé secrète liée à chaque dossier. Par exemple, pour partager un dossier, on génère un lien (une URL ou un QR code) que l’on transmet aux collaborateurs. Quiconque ouvre ce lien dans Resilio Sync (ou scanne le QR code sur mobile) rejoindra le dossier partagé, après éventuellement une autorisation de l’administrateur selon les réglages. Il y a donc une notion de clé de partage par dossier, plutôt qu’une liste d’appareils approuvés globalement. Cette approche est plus simple pour inviter de nouveaux pairs, mais certains pourraient la juger moins granulaire en termes de contrôle (on fait confiance à la confidentialité du lien partagé). Néanmoins, Resilio propose des options : liens lecture seule, liens à usage unique, mots de passe, etc., pour sécuriser l’accès au partage.

Une des forces mises en avant par Resilio Sync est sa convivialité. L’interface utilisateur est soignée, avec un client graphique natif sur chaque plateforme (Windows, macOS, Linux, et mobile). Tout est unifié dans une même application. Par exemple, sur smartphone, l’appli Resilio offre un module de sauvegarde automatique de la pellicule photo vers un PC. L’expérience utilisateur est proche de celle d’un service cloud grand public, sauf que les données ne transitent qu’entre vos appareils. Cette facilité d’utilisation est un atout pour les PME sans expertise technique : l’installation et la configuration initiale sont guidées, et l’interface montre clairement quels dossiers sont synchronisés et avec qui.

Côté sécurité, Resilio Sync assure le chiffrement de bout en bout des échanges via AES 128 bits. D’après le site officiel, une clé unique de 256 bits est générée par dossier et sert à chiffrer les données échangées (BitTorrent Sync utilisait déjà ce principe de pre-shared key). Le chiffrement est transparent pour l’utilisateur, et les données ne peuvent être déchiffrées que par les pairs autorisés (qui possèdent la clé via le lien de partage. Tout comme Syncthing, Resilio n’emploie pas de serveur central de stockage : vos fichiers restent sur vos machines. Il existe bien des serveurs de suivi (trackers) et relays exploités par Resilio pour aider les pairs à se trouver et pour relayer si nécessaire, mais ils ne stockent rien d’autre que des métadonnées de connexion (ou éventuellement des fragments chiffrés en transit).

Resilio Sync propose en fait plusieurs déclinaisons de son produit : la version Home (gratuite ou Pro payante pour usage personnel) et la version Resilio Connect, une offre entreprise très avancée. Resilio Connect ajoute des fonctionnalités de déploiement centralisé, de gestion fine (tableau de bord admin, API, scripting) et un support professionnel. Dans cet article on se focalise sur Resilio Sync (Home/Pro) qui est l’équivalent fonctionnel de Syncthing pour une petite structure. Mais il est bon de savoir que pour des besoins à grande échelle, la société propose une solution commerciale complète.

Avantages de Resilio Sync

  • PrĂŞt Ă  l’emploi et convivial : Resilio Sync a la rĂ©putation d’être facile Ă  prendre en main. L’interface utilisateur est Ă©purĂ©e et intuitive. Par exemple, pour partager un dossier, quelques clics suffisent pour gĂ©nĂ©rer un lien de partage. Il n’y a pas besoin d’échanger manuellement des identifiants ou d’aller dans une interface web sĂ©parĂ©e : tout se fait dans l’application cliente. Cette ergonomie peut faire gagner du temps Ă  une entreprise : moins de risques d’erreurs de configuration, formation des utilisateurs simplifiĂ©e. Plusieurs commentaires d’utilisateurs soulignent que “ça marche tout de suite” et que le logiciel est “très simple Ă  apprĂ©hender”. C’est un point important si l’on veut dĂ©ployer largement auprès d’employĂ©s non-techniciens.
  • Synchronisation sĂ©lective (placeholders) : L’un des atouts majeurs de Resilio Sync Pro est la possibilitĂ© de ne synchroniser que certains fichiers/dossiers Ă  la demande, grâce Ă  la fonction de Selective Sync. Concrètement, l’utilisateur voit l’arborescence complète du dossier partagĂ©, mais peut choisir de n’avoir physiquement que quelques fichiers sur sa machine, les autres Ă©tant reprĂ©sentĂ©s par des fichiers symboliques (placeholders). Lorsqu’il a besoin d’un fichier non local, un double-clic dĂ©clenche son tĂ©lĂ©chargement. Cette fonctionnalitĂ© – similaire Ă  ce que propose Dropbox avec Smart Sync – est extrĂŞmement utile pour Ă©conomiser de l’espace disque sur les terminaux. Par exemple, une Ă©quipe vidĂ©o peut partager un dossier de 2 To, mais chaque monteur peut ne tĂ©lĂ©charger que les projets en cours utiles pour lui, tout en ayant la possibilitĂ© d’accĂ©der aux autres Ă  tout moment via le placeholder. Syncthing n’offrant pas (encore) cette possibilitĂ©, c’est un avantage dĂ©cisif de Resilio dans certains cas d’usageforum.resilio.comforum.resilio.com. Ă€ noter que Resilio Connect (version entreprise) va encore plus loin avec des agents pouvant tĂ©lĂ©charger sur demande en streaming, etc.
  • Excellentes performances : Bâti sur le protocole BitTorrent Ă©prouvĂ©, Resilio Sync est conçu pour ĂŞtre rapide et efficace, notamment sur de gros fichiers ou de multiples flux. Les transferts sont segmentĂ©s et parallĂ©lisĂ©s. Sur un rĂ©seau local Gigabit, Resilio peut aisĂ©ment saturer le dĂ©bit (plus de 100 Mo/s) pour synchroniser un gros fichier, lĂ  oĂą des protocoles moins optimisĂ©s plafonneraient plus bas. En environnement WAN (sites distants), il utilise UDP uTP et d’autres optimisations qui lui donnent souvent une longueur d’avance. Des utilisateurs ayant comparĂ© les deux solutions notent que Resilio Ă©tait plus rapide “out of the box” que Syncthing sur leurs teststruenas.com. Par exemple, Resilio annonce qu’un fichier vidĂ©o de 1,36 Go se transfère en 41 s entre deux PC (8Ă— plus vite qu’un envoi via Google Drive, d’après leur benchmark)resilio.com. Bien sĂ»r, les performances rĂ©elles dĂ©pendent de nombreux facteurs (chiffrement, puissance CPU pour le hachage, latence rĂ©seau…), et Syncthing a fait beaucoup de progrès (il utilise aussi maintenant le protocole QUIC en UDP). Mais de façon gĂ©nĂ©rale, Resilio est considĂ©rĂ© comme très fiable en termes de vitesse et de gestion des gros volumes. Son protocole P2P peut tirer parti de multiples sources simultanĂ©es : si un fichier est dĂ©jĂ  prĂ©sent sur 3 serveurs distants, un nouvel arrivant peut tĂ©lĂ©charger depuis les 3 en parallèle, rĂ©duisant le temps total. Cette efficience est un argument fort pour les entreprises manipulant de grands fichiers (vidĂ©o, imagerie, sauvegardes…) ou souhaitant synchroniser des sites via des liens internet limitĂ©s : Resilio maximise la bande passante disponible.
  • FonctionnalitĂ©s avancĂ©es (Pro) : En plus de la sync sĂ©lective, la version Resilio Sync Pro apporte d’autres fonctions utiles en contexte professionnel. Par exemple : la gestion des permissions au niveau utilisateur (dĂ©finir tel pair en lecture seule, tel autre en lecture/Ă©criture), la possibilitĂ© de configurer des planifications (scheduler) pour restreindre la synchronisation Ă  certaines plages horaires – pratique pour ne pas saturer le rĂ©seau en journĂ©e, par exempleforum.resilio.com. Resilio Pro intègre aussi un système d’accĂ©lĂ©ration diffĂ©rentielle pour synchroniser plus vite un grand nombre de petits fichiers, et un mode d’utilisation “Local Sync” pour synchroniser des dossiers au sein d’une mĂŞme machine ou d’un mĂŞme rĂ©seau local plus rapidement. Par ailleurs, Resilio conserve un archive des fichiers supprimĂ©s (dans un dossier cachĂ© .sync/Archive) permettant de rĂ©cupĂ©rer des donnĂ©es effacĂ©es par inadvertance – similaire Ă  la fonction de versioning de Syncthing. En rĂ©sumĂ©, la version payante offre un panel complet d’options pour adapter l’outil Ă  divers scĂ©narios d’entreprise. La contrepartie est Ă©videmment le coĂ»t (licence Ă  acquĂ©rir par utilisateur ou par poste, selon l’offre).
  • Support et Ă©cosystème entreprise : En optant pour un produit commercial comme Resilio, une entreprise peut bĂ©nĂ©ficier d’un support officiel en cas de problème, ce qui rassure certaines directions IT. Resilio Inc. propose de l’assistance et des mises Ă  jour rĂ©gulières (bien que des utilisateurs aient critiquĂ© un ralentissement du rythme d’update Ă  une Ă©poqueforum.resilio.com). Surtout, si les besoins dĂ©passent le cadre du simple outil de sync, la solution Resilio Connect permet d’aller plus loin : administration centralisĂ©e de centaines de nĹ“uds, tableaux de bord, chiffrement au repos, scripts de prĂ©- et post-synchronisation, etc. De grandes entreprises et organisations (DHL, Microsoft, UniversitĂ©s…) utilisent Resilio Connect pour distribuer des donnĂ©es Ă  travers le monde. Cela montre que la technologie sous-jacente est scalable et robuste. Pour une PME, la version Sync Pro est souvent suffisante, mais savoir qu’une Ă©volution vers Connect est possible fait de Resilio un choix pĂ©renne qui peut grandir avec l’entreprise.
  • CompatibilitĂ© mobile complète : Resilio fournit des applications mobiles sur Android et iOS avec toutes les fonctionnalitĂ©s. L’appli iOS est bien intĂ©grĂ©e : elle peut synchroniser en arrière-plan (dans les limites d’iOS, via des tâches de fond), et s’appuie sur l’app Fichiers d’iOS pour exposer les dossiers Resilio. On peut donc Ă©diter un fichier sur iPhone directement dans le dossier Resilio Sync, il se synchronisera plus tard. Sur Android, l’appli peut tourner en service constant. Cette couverture mobile surpasse celle de Syncthing actuellement, et c’est un avantage si vos collaborateurs travaillent beaucoup depuis leurs smartphones ou tablettes. Par exemple, un photographe peut synchroniser automatiquement ses clichĂ©s depuis son iPhone vers le NAS du bureau dès qu’il a du Wi-Fi, grâce Ă  Resilio.

Limites et inconvénients de Resilio Sync

  • Code fermĂ© et enjeux de confiance : Le fait que Resilio Sync soit propriĂ©taire implique une opacitĂ© du code. On doit faire confiance Ă  l’éditeur quant Ă  la sĂ©curitĂ© et la confidentialitĂ©. Aucune communautĂ© indĂ©pendante ne peut auditer en profondeur l’absence de failles ou de portes dĂ©robĂ©es. Dans le contexte de donnĂ©es sensibles ou de souverainetĂ©, cela peut ĂŞtre un frein : certaines organisations publiques ou entreprises critiques prĂ©fèreront un logiciel libre qu’elles peuvent vĂ©rifier elles-mĂŞmesreddit.com. MĂŞme si Resilio utilise un chiffrement solide (AES) et qu’aucun scandale n’est Ă  dĂ©plorer, le niveau de transparence est moindre comparĂ© Ă  Syncthing. De plus, dĂ©pendre d’un logiciel propriĂ©taire comporte le risque de verrouillage (lock-in) : si la sociĂ©tĂ© arrĂŞte le produit ou change ses conditions, vous pourriez vous retrouver coincĂ©s. Avec un outil open source, la communautĂ© pourrait forker ou maintenir le projet en cas d’abandon, assurant une continuitĂ©. C’est un point Ă  considĂ©rer stratĂ©giquement.
  • CoĂ»t et licences : Bien que la version gratuite de Resilio Sync soit utilisable (elle permet dĂ©jĂ  la synchronisation illimitĂ©e de donnĂ©es entre 2 appareils, ou plus mais avec moins de flexibilitĂ©), bon nombre de fonctionnalitĂ©s intĂ©ressantes sont rĂ©servĂ©es Ă  la version Pro payante. Par exemple, la sync sĂ©lective, la connexion Ă  plus de X appareils, le contrĂ´le fin des droits, nĂ©cessitent l’achat d’une licence (soit une licence Home Pro par utilisateur, soit des packs Business). Pour une Ă©quipe de plusieurs personnes, le coĂ»t peut s’accumuler. Ă€ titre indicatif, la licence Home Pro Ă©tait aux alentours de 60 € (paiement unique) pour usage personnel multi-appareils. Les licences Business varient (modèle par utilisateur ou par espace de travail). Si on compare Ă  Syncthing qui est gratuit, Resilio reprĂ©sente un investissement financier. Certaines PME ou travailleurs autonomes pourraient hĂ©siter Ă  payer, surtout s’ils n’ont besoin que de base. Il faut donc peser le bĂ©nĂ©fice des fonctions avancĂ©es vs le prix. NĂ©anmoins, par rapport Ă  un abonnement cloud mensuel, Resilio reste souvent rentable sur la durĂ©e, surtout si on l’utilise intensĂ©ment pour de gros volumes (pas de frais de stockage externes).
  • DĂ©pendance vis-Ă -vis de l’éditeur : Revers de la mĂ©daille du support officiel, on est tributaire de la rĂ©activitĂ© de Resilio Inc. en cas de bugs. Or, la communautĂ© a signalĂ© Ă  certains moments une lenteur dans les mises Ă  jour et la correction de bugs Ă©mergentsforum.resilio.comforum.resilio.com. Par exemple, des problèmes sur l’appli Android (freezes) ou l’impossibilitĂ© d’installer le service Windows dans certains cas ont mis du temps Ă  ĂŞtre rĂ©solus, ce qui a poussĂ© certains utilisateurs avancĂ©s Ă  “panacher” avec Syncthing pour compenserforum.resilio.com. De plus, sur les forums officiels, les employĂ©s Resilio semblent peu prĂ©sents, laissant la communautĂ© utilisateur se dĂ©brouiller en auto-supportforum.resilio.com. Ce manque d’engagement perçu a Ă©tĂ© critiquĂ©, surtout face Ă  Syncthing dont les dĂ©veloppeurs sont très actifs en ligneforum.resilio.com. Cela peut ĂŞtre un inconvĂ©nient si vous aimez l’idĂ©e d’une communautĂ© vivante. Cependant, notons que pour les clients Business avec contrat de support, Resilio fournit certainement un accompagnement direct qui n’est pas visible sur les forums publics.
  • Moins flexible sur mesure : Avec un logiciel open source, une entreprise astucieuse peut toujours adapter ou intĂ©grer le programme Ă  ses workflows (via scripts, etc.). Syncthing par exemple a une API REST qui a permis Ă  des tierces parties de crĂ©er des interfaces custom, ou de l’intĂ©grer dans d’autres applications. Resilio, Ă©tant fermĂ©, n’offre pas cette libertĂ© de modification. Vous ne pouvez pas ajouter une fonctionnalitĂ© vous-mĂŞme ou obtenir un build spĂ©cial. On est limitĂ© Ă  ce que l’éditeur fournit. Pour la plupart des usages standard de synchronisation, ce n’est pas gĂŞnant. Mais si votre cas d’utilisation est très spĂ©cifique, vous pourriez atteindre les limites du produit sans moyen de le modifier. Resilio Connect apporte certes des APIs et scripts, mais c’est encore du propriĂ©taire avec licence plus chère.

En synthèse, Resilio Sync est un outil performant et user-friendly, qui comblera beaucoup de besoins en synchronisation P2P, notamment pour ceux qui veulent une expérience clé-en-main proche d’un Dropbox privé. Ses fonctionnalités avancées (sélective, etc.) lui donnent de sérieux avantages dans certains scénarios. Cependant, son caractère propriétaire et payant le distingue nettement de Syncthing sur les aspects philosophiques et stratégiques.

Comparatif des deux solutions (et autres alternatives P2P)

Après avoir vu en détail Syncthing et Resilio Sync, résumons leurs principales différences et similitudes dans un tableau comparatif. Nous inclurons aussi, le cas échéant, d’autres solutions P2P notables dans la discussion.

En dehors de Syncthing et Resilio Sync, quelles sont les autres alternatives de partage de fichiers en P2P ?

Il faut avouer que ces deux outils dominent aujourd’hui ce créneau du « Dropbox sans cloud ». BitTorrent Sync ayant été remplacé par Resilio, il n’y a pas pléthore d’autres logiciels de synchronisation P2P actifs en 2025. Quelques noms méritent toutefois mention :

  • Sparkleshare : un logiciel open source qui synchronise des fichiers en utilisant Git comme backend. Il Ă©tait parfois citĂ© comme alternative pour partager des documents versionnĂ©s, mais ce n’est pas du P2P pur (il y a un dĂ©pĂ´t Git central). De plus, il n’est plus trop en vogue aujourd’hui.
  • Unison : un ancien outil de synchronisation de fichiers (dĂ©veloppĂ© Ă  l’INRIA) qui fonctionne de pair Ă  pair (entre deux machines) de manière manuelle. Pas de synchro continue, mais pour des synchronisations ponctuelles scriptĂ©es, il est très efficace et open source. Toutefois, Unison n’est pas conçu pour le multi-appareils en temps rĂ©el.
  • Rsync : très connu pour la synchronisation unidirectionnelle, souvent utilisĂ© pour les sauvegardes. Ce n’est pas du P2P multi-sens, juste un protocole de copie optimisĂ©e (diffĂ©rentielle). On le mentionne car certaines entreprises utilisent des scripts rsync pour rĂ©pliquer des fichiers entre sites. Mais ce n’est pas aussi convivial ni automatique que Syncthing/Resilio.
  • OwnCloud / Nextcloud : ce ne sont pas des solutions P2P, mais plutĂ´t des clouds privĂ©s self-hosted. On les cite car souvent la question se pose entre “tout centraliser sur un serveur interne (Nextcloud) ou partir sur du P2P distribuĂ© (Syncthing)”. Nextcloud offre une expĂ©rience type Dropbox avec un serveur que vous hĂ©bergez vous-mĂŞme. Il assure la synchro via client-serveur. L’avantage : un point central (et donc un backup facile, des contrĂ´les d’accès unifiĂ©s) ; l’inconvĂ©nient : un serveur Ă  maintenir, une charge centralisĂ©e, et moins de rapiditĂ© si les clients sont sur le mĂŞme LAN (tout doit transiter par le serveur). Le choix dĂ©pend des besoins : P2P excelle pour le direct et la dĂ©centralisation, client-serveur est plus simple pour la centralisation et certains workflows (pensez gestion de documents partagĂ©s avec lock, etc., ce que propose Nextcloud).
  • ShareDrop, Magic Wormhole, etc. : il existe des outils P2P pour le partage ponctuel de fichiers. Par exemple, ShareDrop permet Ă  deux utilisateurs de s’envoyer un fichier directement via leurs navigateurs (WebRTC P2P) – c’est une sorte d’AirDrop en web. Magic Wormhole est un outil en ligne de commande permettant Ă  deux ordinateurs d’établir une connexion P2P sĂ©curisĂ©e pour transfĂ©rer un fichier unique. Ces services sont très pratiques pour l’envoi one-shot, mais ne gèrent pas la synchronisation continue de dossiers. Ils peuvent ĂŞtre mentionnĂ©s comme alternatives lorsqu’on n’a pas besoin d’une synchro permanente mais juste de transfĂ©rer un gros fichier de temps en temps de manière sĂ©curisĂ©e (sans passer par WeTransfer ou autre).
  • IPFS (InterPlanetary File System) : c’est un protocole de stockage distribuĂ© en P2P, oĂą les fichiers sont adressĂ©s par leur empreinte cryptographique et rĂ©pliquĂ©s sur un rĂ©seau dĂ©centralisĂ©. IPFS est plus une infrastructure qu’un outil clĂ© en main pour la synchronisation personnelle. NĂ©anmoins, on pourrait imaginer l’utiliser pour publier des fichiers que d’autres vont rĂ©cupĂ©rer en P2P. Dans un contexte d’entreprise, ce n’est pas vraiment un remplaçant de Syncthing/Resilio, c’est plus proche du web distribuĂ© ou des rĂ©seaux blockchain de stockage. On le mentionne juste pour ĂŞtre complet sur les technologies P2P Ă©mergentes.

En somme, Syncthing et Resilio Sync restent les solutions P2P les plus pertinentes en 2025 pour qui veut synchroniser des fichiers entre plusieurs machines sans serveur central. L’une privilégie l’ouverture et le contrôle, l’autre la simplicité et les fonctionnalités avancées propriétaires. Le choix entre les deux dépend de vos priorités, comme nous allons le voir dans la section suivante sur les enjeux de sécurité, performance et souveraineté.

Sécurité, confidentialité et souveraineté : que retenir ?

Les aspects sécurité et confidentialité des données sont souvent la motivation première pour adopter une solution P2P privée plutôt qu’un service cloud public. Examinons comment Syncthing et Resilio répondent à ces enjeux, et ce que cela implique en termes de souveraineté numérique.

Chiffrement et accès aux données

Sur le plan du chiffrement des communications, les deux solutions offrent un très bon niveau de protection. Syncthing chiffre tous les échanges via TLS (protocole SSL/TLS 1.3), ce qui équivaut à la sécurité d’une connexion bancaire en HTTPSclubic.com. Resilio Sync utilise de son côté un chiffrement AES 128 bits en mode CBC avec échange de clés Diffie-Hellman (détails issus de BitTorrent Sync) – ce qui, en pratique, est tout aussi sûr pour empêcher l’écoute du traficclubic.com. Dans les deux cas, le chiffrement est de bout en bout : un fichier envoyé n’est déchiffrable que par les appareils autorisés à le recevoir. Si des données transitent par un relais ou un serveur tiers (de découverte), elles restent chiffrées. Cette architecture “zero-knowledge” garantit qu’un hébergeur intermédiaire (ou un attaquant sur le réseau) ne puisse pas lire vos fichiers.

En termes d’authentification des pairs : Syncthing requiert une approbation manuelle des appareils (couplée à l’échange de certificats TLS), ce qui rend quasiment impossible à un intrus de s’insérer dans votre sync sans que vous l’ayez explicitement ajouté. Resilio Sync, basé sur des clés de partage, mise sur la confidentialité des secrets : tant que vous ne divulguez pas le lien ou la clé secrète de votre dossier, personne ne peut s’y joindre. C’est sûr, mais cela signifie qu’il faut transmettre ces clés de façon sécurisée (ex : pas par un email non chiffré si c’est très sensible, privilégier un canal de confiance). On notera que Resilio offre des options de révocation : on peut à tout moment supprimer un appareil de la liste des pairs autorisés d’un dossier, ou générer une nouvelle clé secrète pour exclure d’anciens liens.

Aucun des deux outils ne chiffre les données au repos par défaut (c’est-à-dire sur disque une fois synchronisées). Si vos machines sont compromises, les fichiers sont visibles comme n’importe quel fichier normal. La sécurité repose donc sur celle de vos endpoints : il convient de chiffrer vos disques durs si c’est une politique chez vous, ou d’utiliser les options du système d’exploitation (BitLocker, FileVault…) pour protéger les données stockées localement. Il existe toutefois une fonctionnalité astucieuse dans Resilio : on peut ajouter un « peer chiffré » à un partage. Ce peer va recevoir les blocs de données chiffrés, sans jamais pouvoir les déchiffrer, et les stocker tels quels. Il sert en fait de nœud de réplication sécurisé. Cela peut être utile si, par exemple, vous voulez sauvegarder vos fichiers sur un VPS externe non fiable : vous installez Resilio en mode “Encrypted Folder” sur ce VPS, il synchronisera tout mais restera incapable de lire vos données (ce peer n’a pas la clé de déchiffrement). Ensuite, si un jour vous avez un sinistre, vous pouvez reprendre les données de ce peer chiffré et les resynchroniser vers un peer normal qui, lui, les déchiffrera. Syncthing n’a pas d’équivalent direct à cette fonction (on pourrait chiffrer au niveau du système de fichiers ou conteneur, mais ce n’est pas natif dans l’outil). Donc pour des sauvegardes chiffrées sur un site tiers, Resilio marque un point.

Vulnérabilités et fiabilité

En matière de vulnérabilités logicielles, l’open source a l’avantage de la transparence : Syncthing étant auditable, la communauté peut repérer et signaler d’éventuelles failles. À ce jour, Syncthing n’a pas connu de faille majeure publique d’intégrité ou confidentialité (ce qui ne veut pas dire qu’il est parfait, mais rien de dramatique n’a été révélé). Resilio, du fait de son code fermé, repose sur les audits internes de la compagnie. On peut supposer qu’ils y mettent les moyens, étant donné la base utilisateur entreprise, mais on n’a pas de visibilité. Aucun incident de type “fuite de données” via Resilio Sync n’a été rapporté non plus à notre connaissance. Il est donc raisonnable de penser que les deux sont sûrs d’utilisation si correctement configurés.

La fiabilité est importante aussi : perdre des fichiers ou avoir des données corrompues serait un cauchemar. Les deux outils conservent des bases de données d’index robustes (en cas de corruption d’une base locale, il est possible de la regénérer en rescannant les fichiers). Certains utilisateurs ont rapporté des soucis avec Resilio dans le passé : par exemple, des fichiers placés en Archive sans explication, ou des conflits mal gérés pouvant aboutir à des pertes de fichiersforum.resilio.com. Un intervenant mentionnait avoir “perdu des fichiers trop souvent avec Resilio pour dormir tranquille”forum.resilio.com, tandis qu’un autre gérait 60 peers et 2 To sans perteforum.resilio.com – les expériences varient. Syncthing, de son côté, a beaucoup travaillé sur les mécanismes de résolution de conflits et la robustesse face aux déconnexions brutales. Le LWN (magazine Linux) écrivait d’ailleurs : « Les développeurs semblent avoir fait le nécessaire pour créer un système capable, fiable, sécurisé, et qui offre de bonnes performances, tout en restant facile à configurer », soulignant que peu de projets libres allient autant la technique et l’ergonomieen.wikipedia.org. Cette remarque indique que Syncthing a atteint un niveau de maturité satisfaisant pour un usage pro. En pratique, que ce soit Syncthing ou Resilio, il est fortement conseillé d’activer les options de versionnage/sauvegarde pour parer aux erreurs humaines ou bugs éventuels. Un plan de sauvegarde externe (par exemple, une sauvegarde hebdo du serveur principal) est toujours prudent : la synchronisation ne remplace pas complètement une politique de backup.

Souveraineté numérique et indépendance

Pour plusieurs organisations (institutions gouvernementales, entreprises traitant des données critiques, etc.), la souveraineté numérique et l’autonomie sont des critères décisifs dans le choix des outils numériques. Cela concerne particulièrement le Québec et le Canada, où des experts ont récemment déploré une dépendance excessive aux solutions américaines et aux logiciels fermés, appelant à investir dans des alternatives locales ou open sourcereddit.comreddit.com.

Dans ce contexte, Syncthing apparaît comme une solution alignée avec ces valeurs : logiciel libre développé de façon communautaire (dont l’Europe est d’ailleurs très utilisatrice), pas de transfert de données à l’étranger, pas de verrou propriétaire. Une entreprise québécoise qui adopte Syncthing garde ses données chez elle (sur ses propres serveurs ou postes) et peut même contribuer au projet ou le modifier selon ses besoins. On peut ainsi parler de souveraineté des données : vos fichiers ne sont pas soumis aux lois d’un autre pays via un hébergeur tiers. Même les serveurs de découverte Syncthing (s’ils sont utilisés) ne stockent que des adresses IP et ID, rien de sensible, et il serait possible de les héberger au Canada si on le souhaite. Par comparaison, utiliser OneDrive ou Dropbox implique de stocker potentiellement hors du pays, avec des obligations légales (Cloud Act, Patriot Act) qui peuvent permettre à des gouvernements étrangers d’accéder aux données. Éviter cela est un enjeu de sécurité nationale selon certainsreddit.comreddit.com.

Resilio Sync, bien que ne stockant pas vos fichiers en cloud, reste un produit d’une entreprise basée aux États-Unis (l’équipe est répartie, mais juridiquement Resilio Inc. est US). Il y a donc un contrat de licence à accepter, potentiellement du transfert de métadonnées (le logiciel pourrait envoyer des infos d’usage ou d’erreurs aux serveurs Resilio – même si rien de tel n’est clairement mentionné sans consentement, on n’a pas la transparence du code). Pour une entreprise qui veut minimiser sa dépendance à des éditeurs étrangers, ce facteur peut être un frein. Cela dit, comparé à envoyer ses données sur Azure/AWS, utiliser Resilio reste beaucoup plus souverain (les données brutes ne quittent pas vos machines). On pourrait le voir comme un compromis : indépendance partielle (pas de cloud, mais logiciel non-maîtrisé).

En somme, du point de vue “liberté vs confort”, Syncthing incarne la liberté totale (mais nécessite un peu plus de compétences), Resilio offre un confort au prix d’une dépendance. À l’échelle d’une PME, la différence peut sembler théorique, mais à l’échelle d’une administration publique, elle prend du poids (d’autant que les gouvernements encouragent de plus en plus le recours au libre et aux solutions locales pour ne pas échapper la souveraineté numérique). Comme le formule un internaute : « Il faut explorer des solutions qui ne dépendent pas de code privé obscur, quitte à financer directement les projets open-source »reddit.com. Syncthing est typiquement le genre de projet open-source qu’une collectivité pourrait adopter et soutenir, plutôt que de payer des licences à une compagnie étrangère.

Exemples concrets d’utilisation en entreprise

Pour illustrer ces concepts, rien de tel que des cas d’utilisation réels. Voici quelques exemples crédibles de la manière dont Syncthing ou Resilio Sync peuvent être mis en œuvre dans un contexte professionnel, avec les bénéfices obtenus.

  • Montage vidĂ©o collaboratif multi-sites : Une agence de production vidĂ©o basĂ©e Ă  MontrĂ©al avec des monteurs rĂ©partis dans plusieurs villes doit travailler sur les mĂŞmes projets volumineux (plusieurs tĂ©raoctets de rushes vidĂ©o par projet). PlutĂ´t que de faire transiter ces Ă©normes fichiers via un serveur central ou des disques durs externes envoyĂ©s par la poste, l’agence a mis en place Syncthing. Un serveur de stockage principal est installĂ© au siège ; chaque monteur, chez lui, a un NAS ou un PC dĂ©diĂ© configurĂ© en « noeud de synchronisation ». Syncthing synchronise en continu le dossier de projet entre le serveur du bureau et les 7 monteurs distantsreddit.com. Dès qu’un monteur importe de nouveaux rushes ou modifie une sĂ©quence, les donnĂ©es se propagent aux autres. Aujourd’hui, environ 5 To de donnĂ©es sont ainsi synchronisĂ©s entre tout le monde, et cela augmente rapidement au fil des projetsreddit.com. L’entreprise prĂ©voit mĂŞme de segmenter en deux groupes de synchronisation pour limiter la bande passante, chaque monteur n’ayant qu’une partie des projets selon ses besoinsreddit.com. Ce retour d’expĂ©rience montre que Syncthing peut supporter de gros volumes (plusieurs To) et de nombreux nĹ“uds. Le directeur technique de l’agence tĂ©moigne que « le logiciel est très fiable, aucune supervision constante n’a Ă©tĂ© nĂ©cessaire » et que cela a rĂ©volutionnĂ© leur flux de travail. Un des avantages notĂ©s est la vitesse : les monteurs locaux Ă  MontrĂ©al reçoivent les donnĂ©es via le LAN en gigabit (lorsqu’ils sont au bureau), tandis que les monteurs distants rĂ©cupèrent les changements par Internet la nuit. Finies les longues attentes pour tĂ©lĂ©charger des rushes : chacun a une copie locale synchronisĂ©e, ce qui permet mĂŞme de travailler en mode hors-ligne (sur la copie en local) et de laisser la synchro se faire dès que la connexion est disponible. Ce genre de solution P2P a ainsi permis Ă  l’agence d’économiser l’achat d’un coĂ»teux serveur cloud et de sĂ©curiser la confidentialitĂ© (les rushes de clients restent internes).
  • Synchronisation de dossiers de travail entre PC et portables : Prenons le cas d’une PME de design graphique (10 employĂ©s). Ils manipulent des fichiers Adobe Illustrator, Photoshop, etc., stockĂ©s sur un NAS au bureau. Avec le tĂ©lĂ©travail partiel, ils avaient besoin que chacun puisse avoir les fichiers Ă  jour sur son ordinateur portable Ă  la maison. Au lieu d’utiliser Dropbox (problèmes de coĂ»t et de confidentialitĂ© pour des maquettes clients), ils ont optĂ© pour Resilio Sync. Chaque employĂ© a Resilio installĂ© sur son poste fixe au bureau et sur son laptop. Un dossier “Projets” est synchronisĂ© P2P via le NAS central qui reste allumĂ© au bureau. Ainsi, le soir, un employĂ© en tĂ©lĂ©travail a dĂ©jĂ  sur son laptop tous les fichiers mis Ă  jour pendant la journĂ©e. S’il fait des modifications la nuit, son PC du bureau les recevra via le NAS. La direction a apprĂ©ciĂ© la simplicitĂ© d’usage de Resilio : les designers, pas très “IT”, n’ont eu qu’à cliquer sur un lien d’invitation pour joindre le dossier partagĂ©, et tout s’est mis en place. Ils utilisent la fonction synchronisation sĂ©lective parce que le dossier complet fait 500 Go, et tous les projets n’intĂ©ressent pas tout le monde. Chaque designer tĂ©lĂ©charge localement les 2 ou 3 projets sur lesquels il travaille, le reste restant en placeholders. Cela Ă©conomise de l’espace sur les SSD des laptops et Ă©vite de synchroniser inutilement 500 Go sur 10 machines (ce qui ferait 5 To de trafic !). En cas de rĂ©union client, le commercial de la PME utilise l’appli mobile Resilio sur iPad pour accĂ©der rapidement Ă  un PDF ou une image dans le dossier partagĂ© – sans connexion Internet requise une fois les fichiers synchronisĂ©s en local. Ce scĂ©nario montre comment une sync P2P peut remplacer avantageusement un service cloud en offrant plus de contrĂ´le : les donnĂ©es restent sur le NAS de l’entreprise (sauvegardĂ© rĂ©gulièrement), et aucun fournisseur tiers n’y a accès, tout en donnant la flexibilitĂ© du mobile et du tĂ©lĂ©travail.
  • Sauvegarde et duplication de serveurs entre sites : Imaginons une entreprise manufacturière avec deux usines, l’une Ă  QuĂ©bec, l’autre Ă  Sherbrooke. Chaque site gĂ©nère des donnĂ©es (rapports de production, plans, etc.) qu’il faut absolument sauvegarder et mettre Ă  disposition du siège Ă  MontrĂ©al. PlutĂ´t que de dĂ©pendre d’une connexion internet potentiellement lente pour accĂ©der aux fichiers distants, ils dĂ©cident de mettre en place une synchronisation multi-site. Un serveur Syncthing est installĂ© dans chaque usine, synchronisant bidirectionnellement un ensemble de dossiers critiques (par exemple, “Qualité”, “Maintenance”, “RH local”). De plus, le siège Ă  MontrĂ©al a un serveur central qui synchronise Ă©galement ces dossiers depuis les deux sites (on peut configurer Syncthing pour qu’il y ait 3 copies – site A, site B, siège). Ainsi, chaque site a localement les donnĂ©es de l’autre site et du siège, toujours Ă  jour. Si la liaison internet tombe, pas de souci : chaque site peut continuer Ă  travailler sur sa copie locale et la synchronisation se rattrapera quand le lien reviendra. C’est une forme de redondance gĂ©ographique via P2P. Cette entreprise a apprĂ©ciĂ© la rĂ©duction des temps d’accès : les employĂ©s de Sherbrooke ouvrent les fichiers comme si tout Ă©tait en local (puisque ça l’est, grâce Ă  Syncthing), alors qu’avant ils devaient monter un partage rĂ©seau sur le serveur de QuĂ©bec via VPN, avec lenteur. CĂ´tĂ© sauvegarde, le fait que le siège reçoive tout assure une copie additionnelle. Ils combinent cela avec le versionnage Syncthing (chaque suppression va dans .stversions et y reste 30 jours) pour pallier toute erreur. Ce cas d’usage montre bien la force du P2P en multi-site : plus de serveur unique qui si il tombe rend tout inaccessible, chaque site devient un nĹ“ud Ă©quivalent. C’est un modèle plus rĂ©silient et souvent plus performant localement.
  • Partage de documents confidentiels entre partenaires : Un cabinet d’avocats souhaite Ă©changer des documents volumineux avec un partenaire expert-comptable pour un dossier client, de manière sĂ©curisĂ©e. PlutĂ´t que d’utiliser des courriels (non sĂ©curisĂ©s pour de gros docs) ou un service cloud (risque de brèche, ou gestion compliquĂ©e des droits), ils se mettent d’accord pour utiliser Resilio Sync en crĂ©ant un dossier partagĂ© chiffrĂ©. L’avantage est que seuls les PC des deux parties ont les fichiers (pas de copie chez un cloud provider). Ils peuvent aisĂ©ment ajouter de nouveaux documents qui seront reçus en quelques minutes de l’autre cĂ´tĂ©. La traçabilitĂ© est aussi un bĂ©nĂ©fice : Resilio permet de voir quels fichiers sont en cours de sync ou la date de dernière sync, donc on sait quand l’autre partie a reçu le document. Ce type d’utilisation point-Ă -point est un peu comme un FTP moderne, mais en mieux car automatique dès qu’on dĂ©pose le fichier, et chiffrĂ© de bout en bout. Naturellement, cela pourrait ĂŞtre fait avec Syncthing aussi – ici le choix de Resilio peut ĂŞtre motivĂ© par la simplicitĂ© du lien d’invitation pour le partenaire non technique. Ce cas illustre comment le P2P peut aussi servir au partage inter-entreprises sĂ©curisĂ©, sans infrastructure lourde.
  • Sauvegarde de parc informatique dispersĂ© : Une petite sociĂ©tĂ© de services informatiques gère la maintenance de plusieurs petites cliniques mĂ©dicales en rĂ©gion. PlutĂ´t que de mettre en place un serveur de backup coĂ»teux par clinique, ils dĂ©ploient Syncthing sur les PC de chaque site (chacun a un NAS local). Ils configurent Syncthing pour que chaque NAS de clinique envoie ses sauvegardes chiffrĂ©es vers un serveur central situĂ© au siège de la sociĂ©tĂ© de service (en rĂ©ception-only). Grâce au mode “receive-only” et en chiffrant les donnĂ©es sur chaque site (via l’outil de backup local), le serveur central agrège toutes les sauvegardes sans jamais manipuler de donnĂ©es en clair. C’est une architecture P2P (chaque clinique est un pair envoyant vers le pair central). Cela s’apparente Ă  du client-serveur, certes, mais en utilisant Syncthing ils bĂ©nĂ©ficient de la robustesse aux coupures (si une connexion rĂ©seau est instable, Syncthing reprend tranquillement lĂ  oĂą il s’est arrĂŞtĂ©, sans nĂ©cessiter d’intervention) et de l’efficacitĂ© (transfert compressĂ©, etc.). De plus, ils n’ont pas eu Ă  ouvrir plein de ports ou configurer des VPN complexes : Syncthing gère tout seul la traversĂ©e NAT. Ce genre d’utilisation dĂ©tournĂ©e (synchronisation one-way pour backups) est assez courant et prouve la flexibilitĂ© du P2P sync.

Ces exemples variés démontrent que les solutions P2P comme Syncthing et Resilio Sync trouvent leur place dans de nombreux secteurs : audiovisuel, design, industrie, services, juridique… Partout où il y a des fichiers à partager et où l’on souhaite garder la main sur son infrastructure, elles apportent rapidité, confidentialité et autonomie. Évidemment, elles demandent parfois une phase initiale de mise en place par un informaticien, mais une fois en place, ce sont souvent des “rouleaux compresseurs” discrets qui font le travail en coulisses, 24h/24.

Conclusion : quelle solution pour quel besoin ?

En conclusion, le partage de fichiers en P2P s’impose comme une alternative crédible et efficace aux services cloud centralisés, surtout dans un contexte professionnel soucieux de sécurité ou de contraintes de réseau. Syncthing et Resilio Sync, chacun à leur manière, incarnent cette approche décentralisée. Alors, que choisir ? Cela dépend de vos priorités :

  • Si votre prioritĂ© est la souverainetĂ©, la transparence et l’autonomie : Syncthing est le choix naturel. Logiciel libre, aucun compte Ă  crĂ©er, donnĂ©es maĂ®trisĂ©es de bout en bout. Il convient aux organisations qui valorisent l’open source, qui veulent Ă©ventuellement intĂ©grer la solution sur mesure, ou qui ont des politiques strictes sur les logiciels approuvĂ©s. Syncthing sera aussi apprĂ©ciĂ© des Ă©quipes techniques aimant comprendre et contrĂ´ler leur infrastructure. De plus, son coĂ»t nul permet de l’adopter largement sans impact budgĂ©taire. En contrepartie, soyez prĂŞts Ă  investir un peu de temps dans la configuration initiale et la prise en main (documentation, tests). Syncthing excelle dans des cas comme “je veux mon propre Dropbox maison sĂ©curisé”, “je veux synchroniser nos sites sans point central vulnĂ©rable” ou “je veux unifier les fichiers de l’équipe sans payer un cloud”. Si vous avez un administrateur système Ă  l’aise, il pourra dĂ©ployer Syncthing sur vos postes et serveurs assez rapidement et vous offrir une solution robuste et indĂ©pendante.
  • Si votre prioritĂ© est la simplicitĂ© d’utilisation, les fonctionnalitĂ©s avancĂ©es et le support : Resilio Sync aura votre faveur. Pour des utilisateurs finaux non techniques, son interface et son processus d’invitation par lien seront plus accessibles. Si vous avez absolument besoin de la synchronisation sĂ©lective, c’est presque un argument dĂ©finitif en faveur de Resilio (en tout cas tant que Syncthing ne la propose pas nativement). Sur des postes avec peu d’espace ou si tout le monde ne doit pas tout recevoir, la sync Ă  la demande est un must. De mĂŞme, sur mobile iOS, Resilio offre une expĂ©rience que Syncthing n’égale pas encore. Enfin, si votre entreprise souhaite pouvoir appeler un support en cas de souci ou aime l’idĂ©e d’avoir une version Enterprise Ă©volutive, Resilio peut rassurer. Pensez toutefois au coĂ»t des licences : pour 5, 10, 50 utilisateurs, calculez le budget et assurez-vous que les bĂ©nĂ©fices (sĂ©lective sync, support, etc.) le justifient par rapport Ă  Syncthing gratuit. Dans bien des cas, le gain de temps utilisateur et la praticitĂ© justifieront le coĂ»t. Resilio est particulièrement recommandĂ© pour des scĂ©narios comme “on veut synchroniser 2 NAS distants très rapidement”, “on a 10 commerciaux itinĂ©rants sur iPad qui doivent accĂ©der aux docs Ă  jour”, ou “on a des centaines de giga de mĂ©dias Ă  partager mais chacun n’en consomme qu’une partie”. LĂ , Resilio brillera.
  • SĂ©curitĂ© et confidentialitĂ© : Sur cet aspect, les deux outils sont excellents, mais Syncthing prend l’avantage pour les environnements ultra-sensibles grâce Ă  son code auditable. Si vous manipulez des donnĂ©es hautement confidentielles et que chaque ligne de code doit ĂŞtre vĂ©rifiĂ©e (secteur dĂ©fense, mĂ©dical, etc.), Syncthing s’intègre mieux dans une politique de sĂ©curitĂ© zero-trust. Resilio n’est pas faible pour autant : son chiffrement est solide et il n’y a pas de cloud tiers, donc pour 99% des usages pro la confidentialitĂ© sera assurĂ©e. En cas de besoin de certifications ou conformitĂ© (ISO, RGPD, etc.), notez que c’est Ă  vous de les gĂ©rer car ni Syncthing ni Resilio n’ont d’attestation externe (puisqu’il n’y a pas de service tiers certifiable). Ce sont des outils autohĂ©bergĂ©s : la sĂ©curitĂ© finale dĂ©pendra aussi de comment vous les utilisez (chiffrer les disques, gĂ©rer les accès utilisateur, etc.).
  • Performance et volumes de donnĂ©es : Pour synchroniser d’énormes ensembles de fichiers, vous ne serez pas déçus ni par Syncthing ni par Resilio. Resilio a un lĂ©ger avantage historique sur la rapiditĂ© brute (optimisĂ© BitTorrent) – si vous synchronisez rĂ©gulièrement des dizaines de To et que chaque minute compte, peut-ĂŞtre Resilio Connect vaut-il la peine d’être Ă©valuĂ©. Syncthing n’est cependant plus très loin en termes de perf, et il est très efficace sur les LANs par exemple. Si votre cas d’usage est la synchro sur un mĂŞme site local, Syncthing est parfait (il dĂ©couvre les pairs localement et sync en direct Ă  pleine vitesse). Si c’est de la synchronisation mondiale sur internet, Resilio peut mieux gĂ©rer la latence ou les multi-sources. Dans tous les cas, le goulot d’étranglement sera souvent votre rĂ©seau : assurez-vous d’avoir de bons dĂ©bits si vous voulez synchroniser rapidement (les solutions P2P ne font pas de miracles si vous n’avez qu’une connexion ADSL… dans ce cas l’envoi prendra du temps dans tous les cas).
  • MobilitĂ© et multiplateforme : Si vos utilisateurs sont très mobiles ou que vous devez impĂ©rativement inclure des smartphones/tablettes dans le schĂ©ma de synchronisation, Resilio est plus prĂŞt actuellement. Par contre, pour un usage purement PC/serveurs, Syncthing suffit amplement. Certains font mĂŞme cohabiter les deux : par exemple Syncthing entre serveurs et PCs, mais l’app Resilio sur iPhone pour rĂ©cupĂ©rer certains fichiers (sans forcĂ©ment tout synchroniser). Ce n’est pas idĂ©al mais ça montre qu’on peut ĂŞtre pragmatique et utiliser chaque outil lĂ  oĂą il excelle.

En conclusion, il n’y a pas de vainqueur absolu : Syncthing conviendra à ceux qui veulent un outil libre, maîtrisé de bout en bout, avec un maximum de confidentialité et sans coût, tandis que Resilio Sync conviendra à ceux qui privilégient la simplicité et des fonctions premium comme la sync à la demande, tout en acceptant une solution propriétaire. Dans tous les cas, ces solutions P2P offrent une alternative puissante aux modèles centralisés. Elles redonnent aux utilisateurs le contrôle de leurs données, améliorent souvent les performances internes (notamment en LAN ou inter-sites), et éliminent la dépendance à une connexion internet permanente pour accéder à ses fichiers (puisque chaque appareil a une copie locale synchronisée).

Pour de nombreuses entreprises québécoises (et ailleurs), cela peut signifier des économies (moins de serveurs externes, moins d’abonnements) et un gain en sérénité quant à la confidentialité des informations. Bien sûr, mettre en place une telle solution nécessite une petite réflexion (architecture P2P, qui héberge quoi, plan de reprise en cas de panne de plusieurs nœuds, etc.), mais une fois opérationnelle, elle peut fonctionner en arrière-plan de manière remarquablement fiable.

Envisagez donc ces outils pour vos prochains projets de partage de fichiers : que ce soit Syncthing ou Resilio Sync, vous pourriez bien y trouver le meilleur des deux mondes : la synchronisation facile comme dans le cloud, sans le cloud.

Sources et bibliographie

  • Wikipedia (FR) – Partage de fichiers en pair-Ă -pairfr.wikipedia.orgfr.wikipedia.org – (dĂ©finition et avantages techniques du P2P).
  • Documentation Ubuntu-FR – Syncthingdoc.ubuntu-fr.org – (prĂ©sentation de Syncthing, logiciel libre de synchronisation P2P sĂ©curisĂ©).
  • Clubic – Comparatif 2025 des outils de synchronisationclubic.comclubic.com – (sections sur Resilio Sync et Syncthing, avantages, chiffrage, communautĂ©, note).
  • Reddit (r/Syncthing) – Comment utilisez-vous Syncthing ?reddit.comreddit.com – (tĂ©moignage d’un utilisateur entreprise synchronisant 5 To de projets vidĂ©o entre 7 Ă©diteurs avec Syncthing).
  • Reddit (r/Quebec) – Discussion sur la souverainetĂ© numĂ©riquereddit.com – (commentaires d’experts sur l’importance de solutions sans code privĂ© et du contrĂ´le des donnĂ©es au QuĂ©bec).
  • Forum Resilio – Resilio vs Syncthingforum.resilio.comforum.resilio.com – (Ă©changes sur les diffĂ©rences de fonctionnalitĂ©s Pro : synchronisation sĂ©lective, dossier chiffrĂ©, scheduler, et approche orientĂ©e pairs vs appareils).
  • TrueNAS Community – Syncthing vs Resilio Sync speedtruenas.com – (retour d’un utilisateur constatant des vitesses supĂ©rieures “out-of-the-box” avec Resilio sur un rĂ©seau Gigabit).
  • Wikipedia (EN) – Syncthingen.wikipedia.orgen.wikipedia.org – (dĂ©tails techniques sur Syncthing : protocole, sĂ©curitĂ© TLS, versioning, citation Ă©logieuse de LWN sur la fiabilitĂ©).
  • Forum Resilio – Sync Storiesforum.resilio.comforum.resilio.com – (expĂ©rience d’utilisateurs avancĂ©s de Resilio : fiabilitĂ©, problèmes de support, atout de la sync sĂ©lective, etc.).
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